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Comment est calculé l’impact environnemental d’un vêtement ?

Des notions plus détaillées pour comprendre la complexité du calcul de l’indice du Coût Environnemental. 10 années de travaux résumées en quelques lignes.

Publié le

par Guillaume Recorbet

Vous cherchez à mieux comprendre ce qui se cache derrière l’étiquette de votre vêtement et la méthode qui permet le calcul de l’impact environnemental du textile, autrement nommé « coût environnemental ».
Décryptage.

Les notions de base sur l’impact environnemental

L’objectif du score environnemental est de vous proposer en 1 seul chiffre un aperçu des impacts multiples de votre chemise préférée.

Ce chiffre résume les 8 étapes importantes du cycle de vie de votre chemise. Comme nous l’avons partagé dans un autre article, la chemise signée Clovis unie génère 491 points d’impacts, répartis sur les 10 étapes suivantes :

  • La fabrication : Production des Matières premières, Filature, Tricotage ou Tissage, Ennoblissement, Confection, Accessoires ;
  • Le Transport et la Distribution ;
  • L’Utilisation ;
  • La fin de vie de votre chemise ou son retraitement.

C’est ce que l’on appelle une Analyse de Cycle de Vie : identifier quelles sont les étapes clefs de la vie de votre chemise, et combien chaque étape génère-t-elle pour l’environnement.

Mais chaque étape a différents types d’impacts. Ces impacts sont au nombre de 16, et ils ont été résumés en 4 catégories :

  • Impact sur le climat (génération de CO2 par exemple) ;
  • Impact sur la biodiversité (acidification, eutrophisation, utilisation des terres ;
  • Impact sur la santé environnementale (couche d’ozone, particules) ;
  • Impact sur les ressources (eau, matières fossiles).

Chaque étape va donc plus ou moins jouer sur ces 16 catégories. Une méthode a donc été définie pour harmoniser ces chiffres avec cohérence. Cette méthode s’appelle le Product Environmental Footprint (PEF). C’est le fruit d’un travail de 10 ans au niveau européen. Elle s’applique sur 3 familles de produits, dont les textiles.

Des critères ‘externes’ au produits sont, enfin, considérés :

  • Génération de microfibres ;
  • Coefficient d’incitation à la réparation.

Vous savez maintenant ce qui se cache derrière ce simple chiffre – c’est bien un résumé du « coût environnemental » qui vous est proposé.
Pour rappel, un article résume le coût environnemental d’une chemise signée Clovis comparé au coût environnemental d’une chemise en production conventionnelle.

Continuons et rentrons un peu plus dans les détails.

Le zoom : point sur les étapes de l’ACV

Chaque étape est clef dans l’ACV – on considère ici une ACV « berceau au tombeau » (cradle to grave en anglais). C’est à dire que l’on couvre l’ensemble du cycle de vie du produit.
La note finale est une somme de l’impact de chacune des étapes, chacune étant pondérée d’un coefficient qui varie en fonction du produit fabriqué.

calcul impact environnemental textile signee clovis

Les Matières Premières

Différentes matières premières sont considérées. Nous vous proposons d’ailleurs un article complet pour mieux comprendre les différentes fibres utilisées dans le textile et leur classement.

Cette étape considère les impacts du champ jusqu’à la fibre, pour le Coton par exemple. Un Coton Bio va donc avoir moins d’impacts qu’un Coton conventionnel. Pour rappel, le Coton – à travers le monde – nécessite l’emploi de 6 % des pesticides et 15 % des insecticides fabriqués dans le monde. Rien que pour le Coton. Il est donc aisé d’imaginer que le Coton Bio aura un impact bénéfique.

Le Coton est une plante fragile qui nécessite un travail humain et mécanique. Il y a donc différents types d’impacts liés à la biodiversité, au climat et à la santé environnementale.

Enfin, le Coton nécessite beaucoup d’eau (on parle de 4.000 L d’eau pour 1 kg de fibres de coton) ainsi que de la surface agricole. Il y a donc un impact direct sur les ressources.

Cette étape mesure aussi très bien les impacts de la production de fibres synthétiques ou artificielles.

La Filature

La Filature est l’étape où les fibres de Coton Bio sont assemblées pour créer un fil continu. Pour les matières synthétiques on parle de filage, vu qu’il s’agit d’assembler plusieurs fils très fins pour en faire un de section plus grosse et plus solide.

Cette étape va principalement nécessiter de l’énergie. C’est donc le mix énergétique du pays où la filature est réalisée qui va être pris en compte.

Le Tissage ou le Tricotage

L’objectif de cette étape est de transformer le fil en étoffe. C’est donc pas l’enchevêtrement de fils que l’on obtient l’étoffe souhaitée. Cet enchevêtrement est une étape principalement mécanique qui nécessite de l’énergie.

C’est donc le mix énergétique du pays concerné qui va impacter le résultat final.

L’ennoblissement

L’objectif ici est de donner à l’étoffe des caractéristiques mécaniques, un aspect visuel, un toucher. Cette étape peut être découpée en 3 sous-étapes : le pré-traitement, la teinture ou l’impression, la finition.

Cette étape est complexe et nécessite différents procédés : chimiques, thermiques, mécaniques.

Pour les traitements chimiques, on considère la toxicité du produit chimique sur l’environnement. Et en fonction des pays où l’ennoblissement est réalisé, on considère la gestion des eaux usées par des usines de retraitement.
Pour les traitements thermiques et mécaniques on considère globalement l’énergie utilisée (gaz ou électricité), et le mix énergétique des pays où l’ennoblissement est réalisé.

La Confection

Le Confection consiste à transformer l’étoffe en chemise. On parle donc de découpe de tissu, de couture, de repassage et de pliage.
Là encore, seule l’énergie électrique est considérée. C’est donc le mix énergétique du pays de confection qui est considéré.

Les Accessoires

Sur une chemise signée Clovis vous avez des boutons, des étiquettes et de la triplure thermocollante. Ce sont donc tous ces accessoires que la méthode tente d’estimer. Mais vu que l’impact des accessoires sur le poids du vêtement et donc sur son poids environnemental est réduit, la méthode est réduite.
Pour une chemise par exemple, ce sont 11 boutons en plastiques qui sont automatiquement considérés. Il n’y a donc pas de comparaison entre une chemise signée Clovis et une chemise conventionnelle (l’outil considérant toujours des boutons en matériaux plastiques).

Le Transport

L’étape Transport regroupe les différents transports réalisés entre chaque étape. Vous l’aurez donc compris : moins il y a de distance d’une étape à une autre, mieux ce sera. Et plus ce transport est réalisé dans des zones où les émissions sont contrôlées (par exemple la norme Euro en Europe qui limite les émissions des poids lourds), moins le transport générera d’impact sur l’environnement.
Le transport est considéré jusqu’à l’entrepôt de stockage final, qui est alors en France pour un consommateur français.

La Distribution

Cette étape considère simplement l’impact du transport entre le l’entrepôt de stockage final (en France pour nous) et la livraison sur votre lieu d’achat.
C’est donc un critère qui évolue peu d’un produit à l’autre. En France, automatiquement on considère que le transport est réalisé par camion.

L’utilisation et l’Entretien

Cette étape considère l’utilisation que vous allez faire du produit. Par l’utilisation de détergents, cette étape considère des impacts hors électricité en plus des impacts électricité pour faire tourner votre machine et, peut-être, votre sèche-linge et votre fer à repasser.
Même si cette méthode ne vise pas à dissocier deux cas d’usage (chemise signée Clovis vs chemise conventionnelle), sa méthode de calcul considère des paramètres qui, par leur valeur, impactent le résultat :

  • Le poids : plus votre produit sera lourd, plus il nécessitera d’électricité (et peut-être de détergent) à chaque lavage. La chemise signée Clovis, avec un grammage à 145 g / m², est probablement plus lourde qu’une chemise conventionnelle. Elle va donc probablement avoir un impact plus élevé ;
  • Le coefficient de durabilité du produit : plus votre coefficient est élevé, plus votre chemise sera durable, donc plus vous serez amené à l’entretenir. Il y a donc un impact sur le nombre de cycles de d’entretiens.

La fin de vie

Ici on ne considère pas le défibrage de votre textile vu que cette méthode est encore académique. On considère donc simplement, et de façon statistique, la destination de votre vêtement une fois dans la poubelle de tri. Une partie sera incinérée ou mise en décharge, et une partie sera envoyée hors Europe pour réutilisation (ou mise en décharge).

Zoom : autres points importants dans le calcul de l’impact environnemental de votre textile

Il importe de détailler quelques points complémentaires. Ces points rendent la méthode particulière.

Taux de Pertes et Rebus

Chaque étape de production a un taux de perte. Que ce soit lors de la production de la matière première, lors de la filature, lors du tissage, de l’ennoblissement ou de la confection. Et même l’étape de distribution génère son propre taux de perte lorsque l’on considère les invendus.

En fonction des méthodes et des chiffres, on estime entre 25 % et 35 % le taux de fibre produite mais non utilisée. C’est énorme, et cela a donc un impact sur l’environnement.

En outre, chaque produit a sa complexité. La confection va donc générer un taux de pertes et rebus différent en fonction du type de textile produit.

Émission de microfibres

Les fibres synthétiques et les fibres naturelles émettent des microfibres. Ces microfibres de taille inférieure à 5 mm ne sont pas captées et finissent donc dans l’environnement.
Ce complément permet donc de distinguer les paramètres impactant la quantité et la toxicité de ces microfibres (matériau utilisé, traitement appliqués, conditions d’entretien, …).

Indice de durabilité

La méthode a permis de construire un indice qui simule la durabilité de votre produit. Cette méthode se base sur deux éléments majeurs :

  • Le prix de vente du produit, qui sera comparé au prix moyen de réparation du produit concerné ;
  • La largeur de gamme de vêtements proposés par la marque.

Plus le prix de vente est élevé comparé au coût de réparation, plus l’indice de durabilité va être élevé. Cette estimation est intéressante. Pour la chemise, le coût de réparation moyen défini est de 10 €. Il y a donc fort à parier que vous ne fassiez pas réparer votre chemise si elle vous en coûte entre 15 € et 60 €. Mais peut-être y penserez vous si vous achetez des chemises à plus de 100 €, augmentant donc sa durée de vie.

La largeur de gamme est vue, de son côté, comme une incitation à acheter. Elle est d’ailleurs généralement corrélée au prix de vente moyen du produit.
La largeur de gamme peut varier d’une centaine de références à plus de 100.000. Cet indice est donc pertinent à considérer.

Vous l’aurez compris, il est difficile de résumer en quelques lignes la méthode utilisée. Mais il est possible de percevoir les méthodes de calcul qui ont été construites 10 ans durant pour tenter de résumer, en un seul chiffre, ce que 10 étapes de vie du produit génèrent sur 16 catégories d’impacts, tout cela pondéré par des indicateurs connexes.
C’est donc une véritable usine à gaz, mais dont le résultat – dans les grandes lignes – permet de capter en un coup d’œil l’impact de votre chemise.